Enfin des rues nommées à la mémoire de femmes remarquables

Se rappelle-t-on que l’actuelle rue University, qui longe la propriété de l’université McGill dans son trajet du Plateau Mont-Royal, portait jadis le nom de Ste-Geneviève?

Si le nom d’alors ne revendiquait pas de filiation avec celui de la Montagne Ste-Geneviève du 5è arrondissement de Paris, à l’ombre du Panthéon, il s’imposait cependant sur les terres de la bourgeoisie anglophone du siècle dernier en rappel insistant de la réalité française de Montréal.

Pourquoi « University » ?

Serait-il inconvenant que Montréal, ville française suivant sa charte, désigne le descriptif de ses rues dans l’idiome officiel ? On s’entend : université n’est pas un nom propre, mais un substantif commun.

Pareillement, toutes ces rues Waverly, Fullum, Hutchison et autres, gravées comme des pierres tombales, et à la mémoire heureusement éteinte de loyalistes américains qui avaient reçu ces terres qu’elles traversent aujourd’hui dans l’arrondissement Plateau Mont-Royal, pâtissent en toute quiétude dans leur appellation insignifiante.

L’apathie des services de toponymie de Montréal, dont on peine à chercher l’utilité, assure leur pérennité.

Que dire de ces rues nommées Clark, en hommage au célèbre inconnu Stanley Clark Bagg (!), ou Aylmer, rappelant le non moins réputé aristocrate anglais Mattew Whitworth Almer, baron d’Aylmer (!), ou encore Van Horne, ci-devant citoyen américain, promoteur de la Canadian Pacific Railways (et bourreau inconscient des métis de l’Ouest)?

De quel imaginaire créatif sortent les Hogan, Bernard et Fairmount ?

Qui peut expliquer la relation entre ces patronymes lunaires et un quelconque personnage ou fait historique de Montréal ?

Dans l’arrondissement Ville-Marie, la rue Amherst, qui perdra sous peu son enseigne si l’on croit le maire sortant de la ville, revendique au moins sa calamité, celle du souvenir du sinistre général britannique qui a reçu les signatures de la capitulation de Montréal en 1760 et qui avait planifié le génocide des tribus amérindiennes alliées de la Nouvelle-France.

Mais ces autres noms, qui semblent avoir été jetés à la sauvette, à l’époque, par simple ignorance, ne feraient pas vieux os aux Conférences des Nations Unies sur la normalisation des noms géographiques, non plus qu’à la lecture du Guide toponymique municipal de la Commission de toponymie du Québec[i].

PLATEAU SANS FRONTIÈRES propose une revalorisation radicale de la toponymie dans l’arrondissement Plateau Mont-Royal et sur tout le territoire de la Ville de Montréal.

Le parti dirigé par Michel BRÛLÉ est fièrement branché sur l’article 1 de la Charte de la Ville de Montréal, déclarant celle-ci ville de langue française, tout en demeurant inspiré par la présence historique très visible de nombreuses personnalités de la diversité culturelle, qu’elle soit anglophone ou allophone.

PLATEAU SANS FRONTIÈRES propose ainsi de remplacer les noms quelconques de voies publiques par celui de grandes figures féminines historiques de Montréal et du Québec.

Cela corrigerait l’erreur flagrante des deux siècles derniers.

Pour reprendre le mot d’un grand historien, Montréal n’est-elle pas une « histoire de femmes et de coureurs de bois » ? [ii]

Ainsi, c’est avec conviction et volonté que Michel BRÛLÉ posera les gestes nécessaires pour que les noms des personnalités suivantes s’affichent sur les sections d’artères qui traversent l’arrondissement Plateau Mont-Royal, et dont les désignations citées plus haut ne correspondent à aucune réalité sociale ou historique.

Le magazine l’Actualité du 29 août 2011, sous la signature de l’écrivaine Micheline LACHANCE, a publié un excellent sommaire biographique de chacune de ces femmes d’exception.

Nommons donc des rues et des places publiques à la mémoire des Jean DESPRÉZ (1906-1965), Ludmilla CHIRIAEFF (1924-1996), Micheline BEAUCHEMIN (1929-2009), Claire MARTIN (1914-2014), Marie GUYART (1599-1672), Rosalie CADRON-JETTÉ (1794-1864), Émilie TAVERNIER-GAMELIN (1800-1851), Maude ABBOTT (1869-1940), Éva CIRCÉ-CÔTÉ (1871-1949), Gabrielle ROY, Ida STEINBERG (1885-1942), Marie MORION (1649-1730), Louise DE RAMEZAY (1705-1775), Idola ST-JEAN (1886-1945), Léa ROBACK (1903-2000).

La liste ne s’arrête pas là. Elle est longue comme la rue Clark.

 

L’Équipe de Plateau sans frontières

 

[i] http://imtl.org/rue_montreal.php

[ii] https://www.fondationlionelgroulx.org/Le-17-mai-1642-La-fondation-de.html (Conférence donnée par Jean-Claude GERMAIN à l’auditorium de la Grande Bibliothèque, à Montréal, le 10 novembre 2011)

 

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