Des budgets généreux pour animer les lieux de mémoire

Lieux de mémoire…

Il s’en trouve des centaines dans l’arrondissement Plateau Mont-Royal, comme partout dans la grande ville de Montréal.

Et s’ils ont été oubliés, ou camouflés, enterrés, masqués, au cours des vagues successives de démolitions et de modernisation du décor urbain, il faudra les découvrir, les afficher, les animer de manière ostentatoire, sans retenue.

Avec des budgets généreux.

C’est l’une des pierres d’assise du programme culturel de PLATEAU SANS FRONTIÈRES.

Une définition?

Celle que donne la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs nous paraît juste et pertinente.

«Les lieux de mémoire sont non seulement des objets de connaissance, mais doivent également se révéler des sources d’émotion.»

«Les traces du passé prennent un sens nouveau lorsqu’elles deviennent Mémoire en prenant appui sur des supports vivants et contemporains. La Mémoire prend vie quand elle rejoint le citoyen.»

Ainsi, des organismes de l’arrondissement, dévoués à la redécouverte de ces endroits assombris ou reniés par la modernité, s’efforcent de les rappeler au quotidien des citoyens, ou d’une manière qui les «rejoint».

Ils vont à sa rencontre.

Ainsi, une plaque moderne, posée sur une sorte de tréteau, interpelle le passant, côté nord de l’intersection de la rue Henri-Julien et de l’Avenue du Mont-Royal. Un bel immeuble art déco, qui loge la Maison des Jeunesses Musicales du Canada, semble protéger le fragile écriteau par sa majesté architecturale.

À sa lecture, on apprend qu’à cet endroit, entre 1710 et 1714, le tanneur Jean-Louis Plessy (dit Bellaire) s’installait pour la pratique de son métier.

La croissance de la tannerie, située à l’époque, on s’en doute, sur le Chemin des tanneries (ou Tannerie Street, un des anciens toponymes de l’avenue du Mont-Royal), favorisa l’installation d’une cinquantaine de famille d’ouvriers. La « rue des tanneries s’arrêtait à l’actuelle rue Henri-Julien. Ce peuplement fut le berceau de ce qui deviendra trois siècles plus tard l’arrondissement du Plateau Mont-Royal où vivent plus de 100 000 personnes.

L’histoire du Plateau ne s’arrête évidemment pas aux quelques éphémérides relevés sur cette modeste plaque, posée par la Société d’Histoire du Plateau Mont-Royal.

Cet organisme sans but lucratif publie sur son site des informations fort pertinentes. Il a semé quelque vingt plaques historiques sur le parcours des rues achalandées de l’arrondissement.

On lira avec intérêt les détails de ce peuplement, depuis la concession obtenue de l’intendant de la colonie par ce Plessis-Bellaire en 1714, et jusqu’à nos jours, sur le site d’une autre société d’Histoire locale, Mémoire du Mile End.

Pareillement, l’histoire des villages jadis constitués de St-Louis du Mile-End, St-Jean-Baptiste, De Lorimier et Coteau St-Louis révèle des richesses que l’on ne peut laisser dormir sous les feuilles jaunies des anciens registres paroissiaux…

Les organismes qui se dévouent à l’actualisation historique de l’arrondissement et à l’identification  active des lieux de mémoire du Plateau Mont-Royal méritent certainement plus d’efforts financiers que les quelques dollars prévus à ses budgets annuels par l’administration locale.

 

L’équipe de Plateau sans frontières

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