Asphalte ou béton?

Peu importe leur sens, les rues emportent une lourde part des budgets municipaux pour leur entretien, leurs aménagements et leurs réfections.

L’arrondissement Plateau Mont-Royal a dépensé quelques 5 millions de dollars pendant l’exercice 2015-2016 pour la réfection de rues. Nous ne connaissons pas les résultats de l’exercice en cours, mais il est déjà connu que cette somme sera largement dépassée.

Une somme dont la plus grande part pouvait être  dédiée à d’autres postes budgétaires.

Le type de revêtement des voies publiques n’est pas un sujet très médiatique. Les fermetures de rues, souvent interminables, généralement mal planifiées, toujours irritantes, s’imposent cependant par leur symbole désormais connu par toute la planète: les cônes orange iront bientôt rejoindre l’imagerie ironique des cinq peuples «fondateurs» sur le drapeau de la Ville de Montréal.

Nous pouvons éviter la plupart de ces travaux généralement tardifs et urgents par une gestion intelligente des pavements, en amont.

En d’autres mots, construire des rues durables.

Les travaux présentement en cours n’auront que quelques années de durée utile. Quand on aura terminé tous les chantiers dont la liste suit, d’autres auront été ouverts et l’on cherchera encore son chemin, en 2021, année électorale, dans une forêt de panneaux de détournement.

Ainsi, des travaux sont en cours Rue Saint-Hubert, entre Saint-Grégoire et le boulevard Rosemont; rue Saint-Hubert, entre la rue De Bienville et le boulevard Saint-Joseph Est; viaduc Rosemont–Van Horne en direction Est entre les rues Saint-Urbain et Saint-Denis; travaux de voirie aux arrêts d’autobus des intersections Avenue du Parc / Rue Prince-Arthur, coin Sud / Est,  Avenue du Parc / Avenue Van Horne, coin Sud / Est, Avenue du Parc / Avenue Saint-Viateur, coin Sud / Ouest, Avenue du Parc / Rue Prince-Arthur, coin Sud / Est, Avenue du Parc / Avenue Van Horne, coin Sud / Est, Avenue du Parc / Avenue Saint-Viateur, coin Sud / Ouest; aménagement d’une nouvelle voie cyclable (rue De La Roche); travaux d’aqueduc, d’égout, de chaussée et de trottoirs Rue Dorion, entre Sherbrooke Est et Gauthier; travaux de «réhabilitation» (rue Rachel); travaux d’infrastructures sur la rue Rachel entre les rues Parthenais et Hogan; réfection d’infrastructures et de réaménagement sur l’Avenue Laurier ouest, Rue de L’Épée et sur le boulevard Saint-Joseph…

C’est le menu d’entrée…Oublions les plats de résistance et les desserts…

PLATEAU SANS FRONTIÈRES  propose une redéfinition radicale de la politique d’infrastructures. Au premier chef, le remplacement du béton bitumineux (asphaltage) par le béton-ciment.

Le béton, outre sa durabilité incomparable (30-50 ans), produit la plus faible empreinte carbone sur le cycle de vie d’un pavage, maximise son efficacité énergétique par sa masse thermique, n’émet pas de gaz, procure une isolation maximale aux vibrations et sons, nécessite très peu d’entretien (c’est l’ennemi des cônes orange), se recycle à 100% (contrairement au bitume, sous-produit pétrolier) et demeure le matériau de construction le plus polyvalent.[1]

La moitié des Bundesautobahn allemandes sont construites en béton-ciment depuis une cinquantaine d’années et ne requièrent de remplacement qu’en fin de cycle.

Au Québec, environ 5% des parcours autoroutiers sont en béton, selon les données du ministère des Transports rendues publiques en avril 2017.

Même si le béton convient davantage aux réseaux à forte intensité de circulation automobile qu’à des voies urbaines, la preuve reste à faire que l’asphalte, par sa pollution, sa dégradation rapide et ses déchets après réfection aurait des propriétés compatibles avec les contraintes budgétaires et l’écologie.

Évidemment, la politique met la main à la pâte d’asphalte. Le repavage des routes est une mine d’or pour les entreprises. Refaire une route aux 30 ans, ça ne fait pas rouler l’économie locale.

PLATEAU SANS FRONTIÈRES sera béton…

Sans jeu de mots…

 

L’équipe de Plateau sans frontières

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[1] www.redecouvrirlebeton.ca

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